À long terme, le taux de change a quatre déterminants principaux : les niveaux de prix comparés, les barrières commerciales (taxes et quotas), les préférences des consommateurs relatives aux produits domestiques ou étrangers et la productivité. Examinons l'impact de chacun d'eux sur le taux de change.
Le principe du raisonnement est le suivant : tout ce qui accroît la demande de produits "domestiques" au détriment des biens étrangers provoque l'appréciation de la monnaie "domestique", parce que ces produits continueront à bien se vendre même si la monnaie est forte. Réciproquement, tout ce qui augmente la demande de biens étrangers aux dépens des produits "domestiques" provoque une dépréciation de la monnaie, car sa valeur doit baisser pour que ces produits continueront à bien se vendre.
Les niveaux de prix comparés
D'après la théorie de la PPA, quand les prix des biens européens augmentent (les prix des biens étrangers étant constants), la demande portant sur ces produits chute, et l'euro a tendance à se déprécier pour qu'ils continuent à se vendre. Inversement, quand les prix des biens japonais augmentent de sorte que les prix relatifs des produits européens baissent, ceux-ci sont plus demandés; l'euro alors tendance à s'apprécier et les produits européens continuent à se vendre, même avec un euro plus fort. Sur le long terme, une augmentation (baisse) du niveau général des prix dans une économie-relativement au niveau général des prix dans le reste du monde-provoque une dépréciation (appréciation) de sa monnaie.
Les barrières commerciales
Qu'elles soient tarifaires (droits de douane que les produits étrangers doivent supporter à leur entrée dans une économie) ou non tarifaires (limitations quantitatives : contingentements ou quotas), les barrières au commerce international peuvent affecter le taux de change. Supposons que la zone euro augmente ses droits de douane sur ses importations d'acier japonais ou en diminue les quotas : ce renforcement des barrières commerciales se traduit par une hausse de la demande d'acier européen, l'euro a tendance à s'apprécier, l'acier européen continue à bien se vendre même avec un euro plus fort. Le renforcement des barrières commerciales protégeant une économie provoque une appréciation de sa monnaie sur le long terme.
Les préférences relatives aux biens domestiques ou étrangers
Si les japonais montrent plus d'appétence pour les produits européens - par exemple, les fromages français ou les voitures allemands, la demande de biens européens augmente (exportations), ce qui provoque une appréciation de l'euro : les produits européens continuent à se vendre même si l'euro est plus fort, De même, si les européens se mettent à préférer les voitures japonaises aux voitures européennes, la demande accrue de produits japonais (importations) affaiblit l'euro. Une hausse de la demande de produits exportés par une économie provoque une appréciation de sa monnaie dans le long terme. Inversement, un accroissement de sa demande de produits importés provoque une dépréciation de sa monnaie.
La productivité
Si les gains de la productivité sont plus élevés dans une économie que dans le reste de monde, ses entreprises peuvent baisser leurs prix (relativement à ceux de leurs concurrents étrangers), tout en réalisant des profits identiques; leurs produits sont alors plus demandés et la monnaie de cette économie a tendance à s'apprécier. Dans le cas contraire, ses produits deviennent relativement plus chers et sa monnaie a tendance à se déprécier. Sur le long terme, plus une économie devient productive par rapport aux autres, plus sa monnaie s'apprécie.




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