Un modèle théorique développé à l'origine par John Maynard Keynes, et connu sous le nom de théorie de la préférence pour la liquidité, détermine le taux d'intérêt d'équilibre à partir d'une analyse en termes d'offre et de demande de monnaie.
Le point de départ de l'analyse de Keynes est l'hypothèse qu'il y a deux catégories principales d'actifs utilisables comme réserve de richesse : la monnaie et les créances (nous dirons ici les obligations). De ce fait, la richesse totale d'une économie est égale à la quantité totale d'obligations plus la quantité de monnaie, soit la quantité d'obligations offertes (Bs), plus l'offre de monnaie (Ms). Les quantités d'obligations (Bd) et de la monnaie (Md) que les gens veulent détenir doivent également correspondre à la richesse totale, car ces derniers ne peuvent détenir davantage d'actifs que leurs ressources disponibles ne le leur permettant. Il en résulte que la quantité d'obligations et de monnaie demandée doit égaler la quantité d'obligations et de monnaie offerte:
Bs + Ms = Bd + Md
Ce qui en regroupant les obligations d'un côté, la monnaie de l'autre, peut être réécrit :
Bs - Bd = Md - Ms
Cette équation dit que si le marché de la monnaie est à l'équilibre ( Ms = Md), la partie droite de l'équation sera égale à zéro, ce qui implique que (Bs = Bd), c'est-à-dire que le marché des obligations est aussi à l'équilibre.
Par ailleurs, du fait que la monnaie à l'époque de Keynes incluait le numéraire ( qui ne rapporte pas d'intérêt) et des dépôts à vue (qui essentiellement n'en rapportaient pas non plus), il supposa que le rendement de la monnaie était nul. Les obligations, seul actif alternatif à la monnaie dans la théorie de Keynes, rapportent un taux d'intérêt (i). Quand le taux d'intérêt augmente (toutes choses égales par ailleurs), le rendement anticipé de la monnaie baisse par rapport au rendement anticipé des obligations. Ceci conduit, comme le dit la théorie de la demande d'actifs, à une baisse de la demande de monnaie.
On peut comprendre également comprendre pourquoi la demande de monnaie est reliée négativement au taux d'intérêt en utilisant le concept de coût d'opportunité : le gain ( le rendement anticipé) sacrifié en ne détenant pas un actif alternatif, ici une obligation. Quand le taux d'intérêt sur les obligations(i), augmente, le coût d'opportunité de détenir de la monnaie s'accroît, de sorte que la monnaie est moins désirable et que la demande de monnaie diminue.
Symétriquement, si le taux de d'intérêt est inférieur au taux d'équilibre, la demande de monnaie excédera l'offre, si bien que les gens vendront des obligations pour obtenir de la monnaie, ce qui fera baisser le prix des obligations et augmenter le taux d'intérêt jusqu'à ce qu'il atteigne le taux d'équilibre.



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