On part souvent du principe que
les allocations-chômage incitent les chômeurs à ne pas reprendre un emploi le
plus rapidement possible, puisqu’ils disposent d’un revenu de substitution au
salaire grâce à leurs allocations chômage.
Or, les allocations-chômage ont
une durée limitée et dépendent des cotisations antérieurement versées. Dans
cette perspective, travailler ouvre des droits d’autant plus importants que
l’on passe du temps en emploi.
Il y a donc pour le chômeur un
choix à faire entre profiter maintenant d’allocations-chômage sans travailler
et travailler pour s’ouvrir des droits futurs. Reprendre un emploi apporte un
salaire et des droits futurs aux allocations chômage. Ne pas reprendre un
emploi apporte une allocation et réduit les droits futurs. Cet arbitrage limite
l’incitation à rester au chômage. C’est ce qu’on appelle « effet
d’éligibilité » (Dale Mortensen et Kenneth Burdett).
La possibilité d’un tel effet
conduit à s’interroger sur la pertinence des politiques visant à durcir les
conditions d’indemnisation du chômage. Elles réduisent les droits associés aux
cotisations chômage, limitant ainsi l’intérêt (exprimé en droits futurs) de
reprendre un emploi lorsqu’on est chômeur.



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